UNE ULTIME VERSIONDU "JUNGMEISTER" : LE BÜ 133 D
Bien qu'il semblât évincé de la haute compétition par les Zlin et autres Yak, l'aura qui avait enveloppé le "Jungmeister" était à ce point persistante qu'une poignée d'audacieux décida en 1967 d'en relancer la fabrication sous licence. L'initiative en revint à l'ingénieur américian Jack D. Canary, ancien ingénieur des ventes à la North American, qui rédiait alors à Munich. Le projet pris coprs après que Canary ait eu connaissance : à la fois de l'existence en Suèded'un lot de moteurs Siemens SH 14, dont certains flambants neufs, et de la possibilité d'obtenir de la C.A.S.A. espagnole la liasse complète de plans indispensables. Carl Bücker ne pouvait qu'approuver ce porjet, pour lequel fut créée à Munich la "Aéro Technik Canary". La fabrication d'une présérie de trois Bü 133 D débuta en mars 1967 dans les ételiers de la "Josef Bitz Flugzeugbau", entreprise artisanale bavaroise spécialisée dans la construction d'éléments de planceurs, et de répliques d'avions anciens pour les besoins du cinéma.
Le nouvel appareil était rigoureusement semblable au Bü 133 C,hormis des pneus, des roues, des freins et des instruments de bord d'origine américiane. Seules touche de modernisation : des carénages de roues.
Un succès comercial paraissait promis à l'opération Bü 133 D : huit commandes venues à Munich à la mi février 1968, alors que le prototype n'effecuta son premier vol que le mois suivant.
Canary espérait parvenir à vendre près d'un avion par semaine. Un tel rythme de production excédant largement les possibilités de la petite firme de Josef Bitz; un contrat avait été passé avec la Wolf Hirth G.m.b.H. unstakkée ç Nabern qui pouvait sortir deux exemplaires par mois et même davante, si besoin était. Bitz restait associé à la fabrication, comme principal sous-traitant. La série devait démarrer avec l'appareil numéro 4.
Le montage sur les Bü 133 D1 d'un moteur Siemens dy type qui équipait les "Jungmeister" d'origine était de nature à faciliter l'obtention de la certification par la F.A.A. américiane, se basant sur celle délivrée par les autorités allemandes. C'était là un des objectifs prioritaires de Canary, amené à s'intéresser surtout à la clientèle américaine, la seule susceptible d'acheter en assez grand nombre une machine d'un prix relativmenet élevé, qui devait se siter entre 20.000 et 22.000 dollars, transport compris. Un agent avait déj) été désigné : la "Aircraft Distribution Corportion" à Olean (Etat de New York).
Le projet tourna court cependant : le 19 août 1968, Jack D. Canaty trouvait la mort dans l'accident d'un North American T-6 qu'il convoyait lors du tournage du film de la 20th Century Fox "Tora, tora, tora..."