Curieusement, la petite Tchécoslovaquie offrit la particularité
d'avoir eu à quelques années de distance, deux constructeurs différents
de "Jungman". Ce fut d'abord en 1937 la Tatra Ringhoffer, célèbre
pionnier de l'automobile, qui importa un BÜ 131B, immatriculé
OK-TAA, qui lui servit de modèle pour la fabrication sous licence, à
titre de "private venture", d'une dizaine de T-131, tous munis d'un
Tatra Hirth de 90 ch. Ils furent pris en charge par les aéro-clubs du
pays.
La guerre terminée, les autorités tchèques décidèrent
en 1946 de reprendre la production du "Jungmann" pour les besoins de
leur aviation militaire. La charge en fut confiée à l'Aéro
Tovarna Tetadel qui avait dû auparavant bien malgré elle, en sortir
quelques 300 pour l'occupant allemand. De type constructeur Z-131, les 260
machines produites jusqu'en 1949 équipées d'un moteur Walter "Minor"
4-III de 105 ch reçurent l'appellation militaire C-104, tandis que la
douzaine d'exemplaires sur lesquels furent montés des moteurs Hirth récupérés
à la fin des hostilités étaient désignés C-4.
(En 1960, un C-104, à moteur Walter M-322 de 140 ch
s'octroya le record de vitesse sur base de la catégorie C-1-A, avec 216
Km/h).
D'autres Etats de l'Europe centrale comtèrent parmi les clients de
l'avionneur allemand. Au nombre de ceux-ci figura notamment la Hongrie de
l'Amiral Horthy qui reçut une bonne centaine de Bücker 131 (119
selon certains sources).
La Yougoslavie aurait passsé une commande de 400 avions, dit-on, bien
que ce nombre paraisse hors de proportion avec le potentiel aéronautique
du Royaume.
La Bulgarie et la Roumanie importèrent respectivement 15 et 40 "Jungman".
Ce dernier pays aurait par la suite reçu de l'Allemagne quelques 150
exemplaires supplémentaires de Bü 131, lorsque celui-ci cessa d'être
produit à Rangsdorf.
Les grandes nations de l'Europe occidentale : France, Grande-Bretagne,
Italie ne manifestèrent aucun intérêt pour le biplace Bücer,
leur industrie sortant des appareils aptes à remplir la même
fonction. Mais le plus grand utilisateur étrant du "Jungmann"
fut le Japon. Un B¨131B fut importé en 1938 pour évaluation.
Ayant fait la preuve de sa supériorité sur les modèles
nationaux existants, le Bücker fut retenu par la Marine. Le gouvernement de
l'Emperereur Hiro-Hito en acquit la licence à l'intention de la firme
Watanabe installée à Kyushu.
Le prototpe Watanabe 14 Shi (K9W1) vola en août 1941. Le moteur qui l'équipait,
le Hitachi GK-4A, Hataukaze 11, n'était autre que le Hirth H.M. 504-A2
construit sous license. A ce moment, la Watanabe Tekkosho, dont la raison
socilae s'était entre-temps muée en Kyushu Hikoki K.K., produit
217 exemplaires du Kyushu type 2 (K9W1) "Momiji" (Erable), auquel les
forces des Etats-Unis attribuèrent le nom de code de "Cypress".
Ces avions équipèrent plusieurs écoles depéndant de
la Marine.
L'armée impériale adopta à son tour le biplace
allemand. Sa construction échut à la Nippon Kokusai Koko K.K., qui
en livra 1.037 exemplaires à partir de 1943. Désignés
Nippon Kokuai Type 4, Ki 86, ils avaient le même groupe moto-propulseur
-rebaptisé Hitachi Ha-47 que les Mimiji" de la Marine. Leur nom de
code amréicain fut également "Cypress". Les cinq chevaux
supplémentaires que développait le Hitachi Ha-47 par rapport au
Hirth d'origine rendaient les "Jungman" japonais plus véloces
d'une douzaine de Km/h que leurs frères allemands.
Par un souci d'économie des matériaux stratégiques qui
fut commun à tous les belligérants, une version tout en bois fut étudiée.
Ce fut le Ki.86B, dont un prototype avait été réalisé
en février 1945, six mois avant la capitulation du Japon. A noter
que ce pays, qui utilisa si largement le biplae Bücker, se contenta
d'importeur un exemplaire du "Jungmeister" BÛ 133C pour évaluation.
Les avions Bücker avaient auparavant réussi une percée de
l'autre côté de l'Atlantique. Par Lufthansa interposée, nos
turbulent voisins se faisaient un plaisir de nous tailler des croupières
dans les pays sud-américains où la France était jusque-là
en position privilèégiée grâce à l'oeuvre des
pionniers de l'Aéropostale. Le nouveau régime allemand bénéficiait
d'un préjugé favorable et parfois même de sympathies non déguisées.
Atouts non négligeables lorsqu'ils s'ajoutent à une excellente
qualité du matériel proposé. En 1938, le Chef Pilote de la
firme, Arthur Benitz effectua une tournée de présentation de
40.000 Km à travers l'Argentine, le Brésil, le Chili et l'Uruguay.
Les trois derniers de ces pays commandèrent 19, 2 et 2 exempalires du "Jungmann".
Enfin le Bü 131 avait pénétré sur le contient
africain. Seize pilotes privés d'Afrique du Sud en passèrent
commande. De sorte que, seule des cinq parties du monde, l'Océanie échappa
à la contagion du petit biplace allemand.
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