LES DIVERSES VERSIONS
Le prototype D-3150 ayant fait preuve d'excellentes qualités de vol, le R.L.M. passa aussitôt à Bücker une première commande de Bü 131A pour assurer la dotation des sections de l'association allemande des sports aériens D.V.L..
Les installations de Johannisthal étaient insuffisantes pour une
production intensive.
Aussi dès la fin de 1934, de vastes usines
furent édifiées à Rangsdorf, à quelques kilomètres
au sud de Berlin.
En 1936, apparaissait le Bü 131B, équipé du Hirth H.M. 504 de 105 ch, nouvellement sorti des usines du motoriste de Stuttgart. Il ne différait du Bü 131A que par un poids légèrement supérieur, et un fuselage raccourci de quelques centimètres pour respecter le centrage. Les 25 ch supplémentaires dont il disposait lui assuraient un plus grande aisance dans la pratique de la voltige. Le prototype de cette version était immatriculé D-EBZE.
Ce modèle - plus encore que son prédécesseur - eut les faveurs de la clientèle étrangère. Il remplaça d'ailleurs le Bü 131A sur les chaînes de montage de Rangsdord pour les besoins de la Luftwaffe. Le peitt biplan troqua la robe argentée soulignée de gris du D.L.V. pour une tenue gris-vert. La svastika se fit plus discrète et n'orna plus que la dérive, cependant que la croix noire prenait place sur le fuselage, entre les deux groupes de lettres de l'immatriculation militaire.
Outre ces deux versions à large diffusion, Bücker s'efforça de tenter les acheteurs non-allemands en équipant une cellule de 131B d'un moteur britannique de grande réputation, le Cirrus "Minor" de 90 ch. Mais l'appareil, le Bü 131C, sorti lui aussi en 1936, resta à l'état de prototype.
Enfin, une quatrième et dernière version vit le jour en 1938 : le Bü 131D, qui ne se distinguait du 131 B que par quelques améliorations de détails et le montage d'un Hirth 504 A-2 légèrement plus sobre, avec ses 90 ch.
Le "Jungmann" - tout comme le "Jungmeister" apparitent à
cette catégorie d'appareils pour lesquels il est impossible de déterminer
le nombre d'exemplaires produits. Tenter une approche est déjà ien
hasardeux. Cependant, on s'accorde généralement à estimer
que les usines Bücker ont construit entre 3.000 et 4.000 "Jungmann".
Pour sa part, interrogé dans les dernières années de sa
vie, Carl Bücker ne s'est pas risqué à donner le moindre
chiffre, de mémoire. Ses archives éttaient restées dans ses
ateliers de Rangsdorf, confisquées dès la fin des hostilités
par les autorités soviétiques.
Notons que 1941 avait marqué
la fin de production du "Jungmann" à Rangsdorf. Le Bücker
181 "Bestmann" l'avait remplacé sur les chaînes de
fabrication. S'il fut loin d'atteindre la popularité du Bü 131, le
monoplan offrait sur son devancier l'avantage d'petre quelque peu polyvalent.
Outre l'écolage et l'entrainement, il pouvait servir d'avion de liaison
ou de remorqueur de planeur.