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Carl Clemens Bücker naquit le 11 février 1895 à
Ehrenbreitstein, près de Cobience. En 1912, à 17 ans seulement, il
s'engagea dans la Marine du Kaiser, en qualité de cadet. En mars 1915, il
fut versé dans la jeune aéronavale allemande. Deux mois plus tard,
il obtenait son brevet de pilote, et était promu lieutenant. Affecté
successivement aux bases de LIst, des Iles Helgoland, puis en Belgique occupée,
à celles de Zeebrugge et d'Ostende, il eut l'occasion d'y piloter les
hydravions Friedrischafen, Sablating et Hansa-Brandenburg.
La paix revenue, le Traité de Versailles interdit à
l'Allemagne vaincue de posséder une aviation militaire. C'est pourqoi Bücker
quitta son pays en 1920 pour s'établir en Suède. Son expérience
de pilote d'hydravions était fort précieuse à l'aviation
maritime suédoise, àl'état embryonnaire, qui l'engagea
aussitôt comme pilote d'essais.
Mais Bücker nourrissait d'autres ambitions : dès 1923, il créa
à Stockholm la Svenska Aeroplan A.B., dont il s'attribua la direction.
Dans un premier temps, l'usine, installée à Skärsätra,
produisait sous licence, pour les besoins de la Marine suédoise, des
hydravions de surveillance Heinkel He 1 et He 2, désignés en Suède
S-1 et S-2. Par la suite, la S.A.A.B. construisit des appareils de sa propre
conception comme le "Pirat", puis les Svenska "Falken"
d'entrainement et "Jaktfalk" de chasse, tous de formule biplane.
Pourtant, en 1932, après douze ans de séjour en Suède,
Bücker décidait de céder ses parts dans la S.A.A.B., et de
retourner dans son Allemagne natale. Une centaine de machines étaient
sorties de l'usine de Skärsätra. Un regroupement s'opéra alors
dans l'industrie aéronautique du pays. La Svenska Aeroplan A.B. fusionna
avec la firme Asja, quiconstituait le département "aviation"
des ateliers de construction de matériel ferroviaire suédois.
Comme l'on sait la S.A.A.B. existe toujours et continue de fournir ses appareils
militaires à la Suède... Ce retour au pays, Bücker le faisait
avec des projets bien précis. En novembre 1933, on apprenait qu'un mois
plus tôt, il avait fondé la "Bücker Flugzeughau B.m.b.H.",
avec l'appui financier de la plus importante fabrique allemande de carrosserie,
la "Ambi Budd Presswerke B.m.b.H.", dans les ateliers desquels la
nouvelle société fut d'abord hébergée. Carl Bücker
prenait naturellement la direction de l'entreprise qui portait son nom.
Information somme toute assez banale, à cette époque, que la création
d'une firme aéronautique. Aussi, n'avait-elle obtenu qu'une dizaine de
lignes dans la presse française spécialisée. Le suel point
paraissant alors digne d'intérêt était le lieu
d'implantation de l'usine : Johannisthal. Aux portes de Berlin, cette localité
avait vu, 22 ans plus tôt, les premiers grands succès de
constructeurs du fameux "Flying Dutchman", Anthony Gérard
Fokker. (En toute simplicité, les Berlinois avaient en ce début de
siècle, baptisé Johannisthal "La Mexque de l'Aviation"
!).
Si elle n'obtient pas les honneurs de la "Une", la fondation de la
Bücker Flugzeugbau B.m.b.H. survenait fort opportunément pour
favoriser, dans la mesure de ses moyens certains desseins de celui qui devenait,
hélas, le maître de l'Allemagne. Le nationaliste Franz von Papen
avait convaincu le vieux Président Paul von Hindenburg d'appeler Adolf
Hitler à la Chancellerie. Le 30 janvier 1933, le Führer et son
compagnon de toute Hermann Göring entendaient bien doter très
rapidement l' Allemagne de la puissante aviation que les dispositions du Diktat
de Versailles lui interdiaient toujours; Dès févirer 1933, Göring
avait été nommé Commissaire du Reich pour l'Aviation. Le 28
avril, il changeait ce titre pour celui de Ministre de l'Air. Avec un sens de la
méthode typiquement germanique, le gros homme et ses services s'attaquèrent
aussitôt à la réalisation du premier objectif de leur plan :
la préparation d'un important potentiel de pilotes parfaitement formés.
Ce fut la mission impartie au D.L.V. (Deutscher Luftsport Verband (sorte
de Fédération Nationale Aéronautique de fondation antérieure
à l'avénement des nazis,fut snas tarder l'objet d'une refonte générale,
sous l'autorité de Bruno Loerzer, camarade de guerre de Göring. En
furent exclus les indésirables au point de vue politique ou racial. Les élèves
pilotes ser recrutèrenet désormais dans les Jeunesses Hitlérienes.
Les membres actifs du D.L.V. furent dotés d'un uniforme dessinés,
dit-on par Göring, grand amateur de ce genre de "vêtements"
pour son usage personnel...)).
Nombre de "Gentils Pilotes" de cette organsiation "sportive"
se retrouvèrent plus tard dans les rangs de la Lutwaffe.
Quant au soin de construire divers types de biplans d'entrainement de
moyenne puissance - de 150 à 240 ch - il échut à Arado,
Focker Wulf, Gotha et Heinkel. Plus ingrate et difficle était la tâche
confiée à la firme nouvellement née de Johannisthal, dont
l'avion se contenterait d'un moteur de 80 ch.
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